SODOME, MA DOUCE

 

De Laurent Gaudé

Edité chez Actes Sud-Papiers.

 

 

 RÉSUMÉ

 

Le ciel craque, la pluie tombe.  

Une femme est là qui n'a pas bougé depuis des siècles.

L'averse, lentement, la fait renaître. 

Lorsqu'elle se met à parler, 

c'est pour évoquer le souvenir de sa ville natale : Sodome.

Sodome et Gomorrhe, cité jumelles, libres et sensuelles. 

Sodome et Gomorrhe, subversives parce que voluptueuses. 

Sodome et Gomorrhe, saccagées par la haine des hommes 

et marquées à jamais du sceau de l'infamie.

Qu'a perdu le monde en brûlant Sodome et Gomorrhe ?

 

 

 

 

NOTE D'INTENTION

 

Ce qui subsiste d’une chose disparue

 

« Si toute survie cherche une forme efficace où se lover, toute survivance doit construire d’autres genres de formes par la transmission et la pensée de cette expérience. C’est seulement ainsi que l’on peut survivre à sa survie. »

                                              Essayer voir, Georges Didi-Hubermann.

 

La guerre nous échappe par ce qu’elle exulte de cruauté en nous.

Et, bien que nous nous croyions protégés dans nos cocons de paix relative, nous sentons que sa menace éveille en nous des peurs archaïques.

 

Parler de la guerre potentielle par le média théâtre est une tentative pour nommer cette crainte. C’est aussi une manière de parler des mécanismes profonds de ce phénomène, d’en révéler sa démesure.

 

Cette recherche pose les questions fondamentales de la représentation. Lorsque l’Humanité est déjà allée jusqu’au paroxysme de l’atrocité, au-delà même du concevable, comment donner à voir l’irreprésentable ? Comment décrire l’innommable ?

 

Alors, la fable apparaît comme une mise à distance nécessaire.

 

SODOME, MA DOUCE fait écho à la violence faite au nom de toute idéologie, qu’elle soit religieuse ou non. Elle évoque des méthodes de guerre à la fois ancestrales et modernes. Elle nous permet aussi, et surtout, d’évoquer les mécanismes de survie qui sont déployés par l’Homme pour faire face à la catastrophe. Le témoignage n’est-il d’ailleurs pas un des plus beaux chants de résistance ?

 

Il nous a fallu inventer une forme spécifique, choisir une esthétique franche pour aborder cette problématique de la transmission.

 

CELLE DE SODOME est une voix lointaine qui nous appelle, une parole erratique, une vanité au timbre sensuel, une allégorie faite de chair et de souffle.

 

SODOME, MA DOUCE est un conte atemporel, la libre réinterprétation d’un mythe. Et par sa présence dans l’inconscient collectif, ce récit remet en question les a priori que nous traînons comme héritage.

 

Lucie Donet, Vincent Monerri, Sarah Seignobosc.

 

 

 

                                 

 

 

 

 Avec : Lucie Donet

   

                                       Mise en scène : Sarah Seignobosc                                          

 Sound-design, conception lumière : Vincent Monerri-Fons

Soutien à la scénographie : Caroline Ronceret

Soutien technique : Jean-Christophe Lavalleur

Costume : Quentin Gibelin

Conseils artistiques : Gislaine Drahy

 

Production : Erodium

 

Durée : 50 min

 

Création du 6/03 au 19/03/2015,

au Théâtre des Clochards Célestes, Scène Découvertes conventionnée par la DRAC, le Conseil Général du Rhône et la ville de Lyon.